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Pierre Étienne Cuinier - Gouverneur île de la Réunion

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Pierre Étienne Cuinier : Gourverneur de l'île

Gouverneur précédent : Pierre Aristide Faron Gouverneur suivant : Émile Richaud
Pierre Étienne Cuinier
Du 6 mai 1879 Au 23 mars 1886

Pierre Etienne Cuinier est né le 24 avril 1824 à Basse-Terre Guadeloupe.

Cuinier est créole de Guadeloupe, il est le fils de Pierre Cuinier, propriétaire, et de Victoire Lannay.

Il occupe un poste administratif dans son île natale comme écrivain de la marine.

C'est en poste en Guyane, qu'il rencontre sa future épouse Marie-Joséphine Rousseau Saint-Philippe. Gravissant avec succès tous les échelons de la fonction publique coloniale, Cuinier finit par décrocher le grade de commissaire général de la Marine.

Le 25 janvier 1879, Pierre Etienne Cuinier est nommé gouverneur de La Réunion. Il prend ses fonctions à Saint-Denis le 3 mai 1879.

Sa première décision, prise le 5 mai, est de promulguer le décret du 22 avril 1879 qui étend à La Réunion le régime monétaire de la métropole. Désormais, toutes les monnaies étrangères qui circulent dans La Colonie doivent être retirées, circulent dans l’île des piastres espagnoles, des roupies et autres pagodes indiennes.

La décision du gouverneur sème le désordre et ouvre une grave crise économique. Refusés par les commerçants qui perdent confiance, les Kreutzers, monnaie autrichienne introduite par Kerveguen en 1859, deviennent sans valeur et leurs propriétaires se sentent floués. La police supplie les commerçants de laisser leurs boutiques ouvertes et d’accepter les kerveguens. Ainsi, durant quatre mois d’avril à juillet 1879, l’économie réunionnaise se voit presque paralysée. Pour désamorcer la crise, Cuinier fait marche arrière et décide que les Kreutzers sont acceptés en l'acquit de l'impôt.

10 octobre 1879, Pierre Étienne Cuinier, décide de fermer le pénitencier des mineurs à l’Ilet à Guillaume, de licencier les frères du Saint-Esprit et de transférer les détenus à la prison de la Providence.

Le 2 mars 1880, un vice-rectorat est créé par décret, dirigé par un inspecteur d'académie qui prend le titre de vice-recteur.

En 1881, une école normale est crée, le 24 avril 1883 elle est assimilée par décret aux Écoles normales de France.

1882, inauguration du chemin de Fer de La Réunion :

- 11 février 1882 : Inauguration de la ligne de Saint-Denis à Saint-Benoît.
- 12 février 1882 : Inauguration de la ligne de Saint-Denis à Saint-Louis.
- 15 février 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Louis.
- 5 juillet 1882 : Arrêté autorisant la mise en exploitation de la ligne du chemin de fer comprise entre Saint-Benoît et Saint-Pierre.

Le 11 février 1882, le chemin de fer est inauguré, en présence de nombreuses personnalités, dont le gouverneur Cuinier. C'est M. Blondel qui a dirigé les travaux. Le premier train inaugural relie Saint-Denis à Saint-Benoît puis à Saint-Louis. 4 ans de travaux ( 1878-1882 ) pour 126 km de ligne, 41 ponts métalliques, 14 ponts en maçonnerie, des dizaines de ponceaux, aqueducs et tranchées.

On notera pour la petite histoire que le voyage inaugural du chemin de fer sera l'occasion également d'inaugurer la longue série de déraillements qui, année après année, rythmeront l'histoire du ti train. Il n'empêche que malgré ses déboires et son caractère plus que folklorique, ce train a sauvé l'économie de l'île et procuré aux habitants de ce pays un moyen commode de déplacement entre le Nord et le Sud.

Discours d'inauguration du Chemin de Fer le 11 février 1882 par le Gouverneur de La Réunion Pierre Etienne Cuinier.

- Récit du trajet inaugural du chemin de fer de La Réunion du 11 février 1882 et du 12 février 1882.

11 février 1882. C'est un vrai jour de fête. Les locomotives jettent à la brise leurs sifflets stridents qui avertissent au loin les invités et la foule des curieux que la séance va commencer. Dès dix heures, une foule immense assiège la place Candide, la gare, et les abords de la voie ferrée. La police et la gendarmerie ont beaucoup de peine à contenir le flot humain, dont les houles tumultueuse contrastent avec les vagues de la mer qui viennent expirer doucement sur la plage bruyante.

Les locomotives sont rangées en une ligne majestueuse devant l'estrade. Elles sont décorées de drapeaux tricolores. Les invités arrivent successivement à la gare et de là se rendent sous la tente où doit avoir lieu la cérémonie.

Après les discours : du Gouverneur de La Réunion Pierre Etienne Cuinier, de l'Évêque de la Réunion Monseigneur Coldefy, celui-ci, entouré de ses vicaires et de plusieurs membres du clergés, bénit les locomotives. Puis, les invités se rendent au train, composé de six voitures, et de deux fourgons. L'heure du départ est solennelle. La foule, échelonnée des deux côté de la route, salue les invités qui, les premiers, vont parcourir la voie ferrée. La musique de la Milice jouie la Marseillaise au départ du train.














L'opération à Madagascar

Pierre Étienne Cuinier fut l'homme de l'aventure malgache. Pour lui, cette dernière est une œuvre de civilisation à accomplir, " une action séculaire ". Le 24 mai 1884, il demande le soutien de la population réunionnaise dans une proclamation :

" Habitants de la Réunion, je viens vous demander des volontaires pour appuyer l'exercice des droits de la France. La mère patrie vous ouvre avec confiance, les rangs de ses soldats, elle vous y fait une large place... les places et les concessions de terres ne vous seront pas refusées. Donc, pas d'incertitudes sur l'avenir qui attend les volontaires du bataillon de la Réunion. Ils trouveront, à Madagascar, gloire et profit et chacun d'eux pourra s'y faire une position à la taille de son intelligence, de sa vigueur et de sa volonté. Engagez vous ! "

Les volontaires sont tellement nombreux que l’on est obligé, dans plusieurs communes, de procéder par un tirage au sort afin de ne recruter que le nombre de volontaires fixé par l’arrêté du gouverneur Cuinier. Cet arrêté ordonnait la formation de deux compagnies mobiles d’infanterie composées de miliciens volontaires et comptant chacune un lieutenant, un sous-lieutenant, six sous-officiers, douze caporaux, cent vingt soldats et trois clairons. Par ailleurs le Conseil général a voté un " subside de deux cent quarante mille francs pour l’entretien de deux compagnies volontaires ".

L'opération se termine sans gloire ni profit. Après l'échec français le 10 septembre 1885 à Farafate, un traité est signé le 17 décembre 1885 avec le gouvernement malgache représenté par M. Willoughby, un Anglais. La France y reconnaît la prétention des Merinas à administrer toute l'île.



Le 14 février 1886, c'est l'inauguration du port de la Pointe des Galets, mais il a déjà une réputation de port dangereux. Une seconde inauguration a lieu le 1er septembre 1886. Commencement des travaux du port à la Pointe des Galets, les premiers coups de pioche sont donnés en 1879. Le plus grand chantier de l'histoire de la Réunion, 15 000 ouvriers essentiellement créoles, vont être mobilisés. Mais les obstacles s'accumulent : La mer gêne à plusieurs reprises les travaux des digues. Le sol ne s'avère pas aussi meuble qu'on l'avait espéré, il y a des barres rocheuses redoutables, qu'il faudra faire sauter à la dynamite. Plusieurs épidémies se répandent dans le camp des ouvriers. En 1882, seules les digues sont construites. Par la suite l'histoire du port est une longue péripéties de problèmes. Le dessin des digues entraîne une modification des courant côtiers, qui rongent la pointe et déposent leurs alluvions juste dans l'entrée du port. En 1900 la jetée sud suite à un cyclone est endommagée sur 40 m, en 1904 la même jetée est détruite de nouveau. Le port ne deviendra fiable que dans les années 1920.

En 1886, Cuinier fait valoir ses droits à la retraite et quitte la colonie, confiant l'intérim au procureur général Dufour Brunet. C'est Etienne Antoine Richaud qui arrive sur le paquebot des Messagerie, Le Salazie à Saint-Denis le 10 octobre 1886, qui prend le poste de gouverneur le 11 octobre 1886.

Pierre Etienne Cuinier décède le 19 novembre 1888.


Gouverneur précédent : Pierre Aristide Faron Gouverneur suivant : Émile Richaud




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