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Paul Samary - Gouverneur île de la Réunion

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Paul Samary : Gourverneur de l'île

Gouverneur précédent : Laurent Marie Émile Beauchamps Gouverneur suivant : Adrien Bonhoure
Paul Samary
Du 19 février 1901 Au 29 juillet 1905

Paul Samary est né le 7 février 1848 à Sète, Hérault. Il fait ses études secondaires aux lycées de Montpellier et de Nîmes et obtient le baccalauréat ès sciences.

En 1868, il entre à l'Ecole centrale des arts et manufactures, dont il sort diplômé en 1871.

De 1872 à 1875, il est ingénieur-architecte en chef de sa ville natale, Sète.

De 1875 à 1881, il est ingénieur-architecte en chef à Alger, en 1891, il est architecte du gouvernement général de l'Algérie poste qu'il occupe jusqu'en 1893. Dans ces différents postes il dirige des travaux importants et sa notoriété lui vaut, en 1878, une médaille de l'Exposition universelle de Paris.

De 1886 à 1893, il est président de la Société des Beaux-Arts d'Alger.

Membre du conseil départemental d'hygiène et de salubrité publique depuis 1878, il entre en 1881 au Conseil général du département d'Alger, qu'il préside à deux reprises, et où il siége jusqu'en 1891.

En 1892, il entre au Conseil supérieur de l'Algérie, où il reste pendant deux ans.

1893, il est élu député d'Algérie au second tour avec 5.090 voix sur 9.537 votants, devant le député sortant, Letellier 4.373 suffrages. A la Chambre, inscrit au groupe radical-socialiste, dont il devint bientôt vice-président, il déploye une grande activité, notamment pour soutenir le cabinet Léon Bourgeois. Il est député d'Alger de 1893 à 1898.

Architecte du pavillon de l'Annam, élevé pour l'Exposition universelle de 1900, Paul Samary est nommé, le 11 novembre 1899, gouverneur des îles Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le 18 septembre 1900, Paul Samary est nommé gouverneur de la Réunion, il n'arrive que le mardi 19 février 1901, par le Natal qui mouille au Barachois à Saint-Denis.Plusieurs fois annoncée son arrivée est retardée par l'épidémie de peste dans l'île. Selon l'usage un jour de congé est accordé aux fonctionnaires, le lundi 25 février 1901. Il est reçu par le maire de Saint-Denis, Le Coq du Tertre, Anatole Hugot, président du Conseil général et le gouverneur par intérim, Charles Albert Madré. Ce dernier dans son allocution de bienvenue insiste sur la nécessité de l'immigration :









" ... Le manque de bras jette un trouble profond dans notre agriculture et cause à la principale culture du pays, et par suite, à la richesse publique, le plus sérieux préjudice. Le recrutement de travailleurs immigrants est le seul remède à cette situation. ... Bourbon aime qui l'aime, et il rend au centuple en respect et en affection ce qu'on lui donne en dévouement et en sympathie. ... ".

Confrontés aux habituels problèmes de la monoculture sucrière, Samary va proposer trois mesures : la réduction des tarifs de transport par chemin de fer de la canne, du sucre et des autres produits d'exportation ; la reprise de l'immigration des travailleurs de l'Inde anglaise ; une protection douanière pour la production des fécules et du tapioca.

Le 30 décembre 1901, un arrêté promulguant le décret du 9 novembre 1901, règle les relations entre le gouverneur et le commandant supérieur des troupes aux colonies. Le commandant militaire est placé sous l'autorité du gouverneur ; sa façon de servir est appréciée par le gouverneur, qui transmet l'avis chaque année au ministre de la Guerre.

Le gouverneur Paul Samary va mettre en place tout un dispositif pour faire reculer l'illettrisme : formations post-scolaires, formations d'adultes, bibliothèques populaires. Du 2 juillet 1901 au 31 janvier 1902, onze écoles de la colonie sont concernées par l’arrêté du gouverneur Paul Samary et laïcisées. Puis, le 24 août de la même année, un nouvel arrêté laïcise en bloc toutes les autres écoles.



Paul Samary supervise et observe la bataille engagée par les parlementaires réunionnais à la fin du XIXe siècle contre la centralisation, elle trouve un relais au Conseil général à partir de 1901. Une commission est nommée pour étudier un projet de réforme du système politique. Deux groupes s'affrontent. Le premier, majoritaire à l'Assemblée, mené par Jules Herman, notaire à Saint-Pierre, veut que la colonie soit dotée d'une Constitution qui lui accorderait l'autonomie politique et financière au sein de la République Française. Il dénonce la méconnaissance des problèmes réunionnais par l'administration métropolitaine. " ... On a figure en France que nos mœurs sont a tel points arriérées que l'anthropophagie existe comme chez les peuplades isolées au cœur de l'Afrique ... ". Affirme Jules Herman. Le deuxième groupe, représenté au Conseil général par Paul Dussac, propose l'assimilation de la Colonie à un département Français. Selon ce dernier " ... La Réunion ne peut être une colonie d'exception où les lois de la République Française ne s'appliquent pas, où les habitants ne sont pas considérés des citoyens français, mais comme des sujets que l'on régit à coups de décrets fantaisistes et d'arrêts spéciaux... ". Pour que la solidarité nationale joue, pour que les déficits ne soient plus un sujet d'angoisse pour les élus réunionnais, il désire que le budget de la Colonie soit géré par la Métropole. Paul Dussac n'est pas écouté par ses collègues.

Dirigeant le syndicat des propriétaires et fabricants de sucres, le Crédit Foncier Colonial met tout en oeuvre pour convaincre les autorités française de reprendre l'immigration des travailleurs étrangers à destination de l'île de La Réunion. Le 2 mars 1903, le syndicat écrit aux députés de La Réunion pour qu'ils interviennent auprès du gouverneur Paul Samry pour relancer l'immigration à partir de l'Inde, " seul pays à bras abondants et bon marché ". Lors du séjour du sénateur Drouhet à La Réunion au début de l'année 1903, le Crédit Foncier Colonial organise une grande manifestation de la Chambre de Commerce, d'Agriculture et du syndicat des propriétaires en faveur de l'immigration. Sous l'impulsion du Crédit Foncier Colonial et de son directeur devenu le personnage le plus important de l'île après le gouverneur, un référendum populaire est organisé en 1903, par la presse locale pour donner la parole aux propriétaires et aux usiniers sur la question de la main-d'œuvre. La plupart des témoignages recueillis font état de la fermeture des usines à sucre à cause de la pénurie de la main-d'œuvre locale . Le crédit Foncier Colonial par l'intermédiaire de la presse locale réunira 2 000 signatures pour la reprise de l'immigration. Cette pétition est envoyée au gouvernement français.

Le Crédit Foncier Colonial et l'immigration.

Dès le début du XX siècle le Crédit Foncier Colonial engage 305 chinois sur ses propriétés à La Réunion.

Début 1901, des travailleurs comoriens et indochinois sont envoyés à La Réunion. Ainsi 24 indochinois sur 66 arrivés dans l'île, sont employés sur les propriétés du Crédit Foncier Colonial en juillet 1901. De même le Crédit Foncier Colonial reçoit 24 Comoriens sur les 238 répartis dans l'île entre les différents propriétaires. Le recrutement des Comoriens s'est fait dans des conditions douteuses, en effet, la plupart d'entre eux étaient des anciens esclaves achetés par les négociants et libérés par ces derniers à condition qu'ils s'engagent à travailler à La Réunion. Les travailleurs avaient été transportés par le steamer du Sultan de Zanzibar " Le Kilwal " affrété par Leboucher, négociant réunionnais, pour cette opération. Dans la pratique, ce système du rachat préalable avait réactivé le commerce des esclaves condamné par les lois européennes après les différentes abolitions de l'esclavage. Certes l'esclave Comorien ou Africain était en droit libéré, mais en fait, il n'était pas maître de son destin puisqu'il était obligé de s'engager pour ne pas retomber en esclavage dans son pays ! on ne lui demandait pas son avis au moment de la transaction qui se déroulait entre le maître de l'esclave et le recruteur d'engagés. De nombreux engagés du Crédit Foncier Colonial sont recrutés selon ce système.

En août 1903, un contingent de 96 immigrants recrutés par H. Stell pour le compte du syndicat des propriétaires et du Crédit Foncier Colonial arrivent à La Réunion et sont vendus à divers propriétaires à raison de 350 francs l'un. Les engagés recrutés étaient des Arabes natifs de Moka, introduits par le vapeur Emyrne. Logés dans un camp de travailleurs à la Petite île au lieu-dit, La Cayenne, les Arabes acceptent mal les transactions concernant leurs contrats d'engagement qu'ils assimilent au commerce des esclaves. La résistance des engagés surprend la presse locale, titre du journal du 7 août 1903 : " Ils protestent " concernant les engagés le journaliste écrit : " hier on a voulu les vendre aux divers propriétaires qui en avaient fait la demande. Pas de ça qu'ils ont dit ! Nous vendre jamais ! nous sommes des hommes, nous entendons travailler mais non être traités en bêtes. La protestation a durée la matinée. A une heure, ils ont été conduits par deux agents de police au syndicat et répartis entre les propriétaires ".

Le cyclone de 1904.

En 1904, au cours de la nuit du 21 au 22 mars 1904, La Réunion va subir un cyclone d’une grande violence. Les pertes en vies humaines sont lourdes. Partout dans l’île , c’est la même désolation : ruines, champs ravagés, familles sans abri, sans ressources, chemins et routes coupées par les arbres, poteaux et fils télégraphiques qui jonchent le sol, les ponts détruits...

Le 24 mars, le gouverneur Samary, après avoir pris connaissance des rapports émanant des communes sinistrées, réunit conseillers privés, membres du Conseil général, et représentants du Commerce et de l’Industrie afin de faire une première estimation des dégâts et donc des besoins financiers de la colonie. Le lendemain, le « Melbourne » quitte La Réunion emportant deux câblogrammes adressés, pour l’un au ministre des Colonies, pour l’autre aux députés et sénateurs. Tous les responsables de la colonie sont d’accord pour évaluer les pertes totales à environ dix millions de francs dont sept à huit pour les récoltes. Le gouverneur demande donc au ministre de bien vouloir obtenir du gouvernement un premier secours évalué à un million de francs pour parer aux besoins les plus urgents. Concernant les neuf millions restant, le chef de la colonie souhaite bénéficier d' un prêt sans intérêt pour la colonie en ruines. La réponse sera positive.

Dès la nouvelle du cyclone connue, la solidarité internationale fonctionnera de façon exemplaire pour aider La Réunion. Madagascar va envoyer des vivres et des vêtements, le gouverneur de Maurice, Sir Graham Bower, va prendre la tête d'un comité de soutien aux sinistrés réunionnais et fera parvenir le montant de la collecte publique aux autorités réunionnaises, huit traites de trente sept mille cinq cent francs chacune à tirer sur le Trésor mauricien. Le gouverneur anglais, l'Amiral Sir Arthur Moore, va envoyer d'urgence de Durban, le croiseur Forte, avec l'ordre au commandant Dundas de se mettre à l'entière disposition de la colonie.

Un an plus tard jour pour jour, La Réunion subit à nouveau les foudres cycloniques. Moins violent que celui de 1904, le cyclone de mars 1905 détruit quand même une bonne partie des récoltes.

La Réunion doit faire face à des graves difficultés économiques, ravagée par les maladies et les cataclysmes naturels.

Juillet 1905, Paul Samary est mis en disponibilité. Le 1 er août 1905, Fernand Thérond est gouverneur intérimaire de La Réunion. L'intérim du poste de gouverneur de La Réunion est ensuite confié le 30 août 1906 à Auguste Marius Vérignon jusqu'à l'arrivée du nouveau gouverneur en novembre 1906, Adrien Bonhoure.

Paul Samary en 1909 et chargé alors de l'intérim du gouvernement de la Guyane française, puis de la Martinique.

Nommé le 16 juillet 1910 gouverneur de la Guyane, il meurt à Cayenne le 31 mai 1911, à l'âge de 63 ans.

Paul Samary était chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie et commandeur de l'Etoile d'Anjouan.


Gouverneur précédent : Laurent Marie Émile Beauchamps Gouverneur suivant : Adrien Bonhoure




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