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Charles André Jean Capagorry - Gouverneur île de la Réunion

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Charles André Jean Capagorry : Gourverneur de l'île

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Charles André Jean Capagorry
Du 1er décembre 1942 Au 17 juillet 1947

André Capagorry Gouverneur de l'île de La Réunion 29 Novembre 1942 au 17 juillet 1947.
Jean-Charles André Capagorry est né à Bayonne le 17 février 1894 dans une famille d’artisan boulanger-pâtissier. Ses études secondaires à peine finies, il participe à la Première Guerre mondiale. Mobilisé en août 1914, une grave blessure l'éloigne du théâtre des combats il est réformé en 1915. Il est décoré de la médaille militaire et de la Croix de Guerre avec Palme.
De 1917 à 1925, il est commis des services civils. Après son passage à l’école coloniale, Capagorry est en 1926 administrateur adjoint des colonies, administrateur en 1931 et administrateur en chef en 1941.
En juin 1940, il choisit la France libre. Il devient l'homme des missions diplomatiques les plus délicates. Le 2 septembre 1940, il est responsable du Haut-Ogooué à Franceville (Gabon). C'est là qu'il entend l'appel du 18 juin. Il rallie ce territoire à la France Libre ainsi que d’autres circonscriptions du Gabon. Puis le colonel de Larminat, en charge de l’AEF au nom de la France libre, lui confie le commandement de Pointe-Noire (Congo). En février 1942, il est nommé gouverneur intérimaire du Moyen-Congo. Le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamne à mort par contumace.

De Gaulle le remarque et le fait embarquer à Pointe-Noire le 26 août 1942 sur le contre-torpilleur Le Léopard, avec pour mission une visite d’inspection en Nouvelle-Calédonie. Le 26 novembre 1942, le Léopard fait escale à l’île Maurice avant la grande traversée vers l’Australie.
Le lendemain, 28 novembre, sous les ordres du capitaine de corvette Baraquin, 90 hommes débarquent à Saint-Denis et, sans rencontrer de résistance, se rendent maîtres des objectifs fixés : gendarmerie, station de radio-diffusion, palais du gouverneur, banque de la Réunion, gare du chemin de fer.

Depuis le 6 octobre, le gouverneur AUBERT est retranché avec ses principaux collaborateurs dans sa résidence d’Hell-bourg, dans le cirque de Salazie.
Dans l’après-midi du 28 novembre, le Léopard se dirige vers la ville du Port, où un comité de salut public, dirigé par Léon de Lepervanche, a destitué le maire. Accueilli par les canons de la défense côtière aux ordres du lieutenant Émile Hugot, le Léopard riposte par une salve de 150 qui fait deux morts. Léon de Lepervanche qui a pris le titre de commissaire du peuple se rend à bord du Léopard et se met à la disposition de la France Libre. En fin de journée, le lieutenant Hugot, gravement blessé se rend.
Le 28 novembre au soir, il ne reste plus qu’à obtenir la reddition d’Aubert toujours retranché à Hell-Bourg. La journée du 29 novembre se passe en tractations. Aubert se rend le 30 novembre à 8 heures 45. Ce même jour à midi, Capagorry fait diffuser à la radio un communiqué : « Le gouverneur André Capagorry, gouverneur de la Réunion, a le plaisir d’informer la population que le gouverneur
Pierre Aubert vient de renoncer à poursuivre une lutte inégale et fratricide. En conséquence, les hostilités ont cessé sur le territoire de la colonie et le sang n’y sera plus versé. Le gouverneur Pierre Aubert a fait son devoir avec courage et correction. Il lui sera rendu les honneurs militaires. Maintenant que les intérêts de la France ont prévalu, toute la population est invitée à se dégager des querelles purement locales et à s’unir autour du gouvernement de la France combattante pour coopérer à la libération de la Patrie. Vive le général de Gaulle, vive la France. Par décret du général de Gaulle, signé à Londres le 1er décembre 1942, André Capagorry est nommé gouverneur de la Réunion à compter du 29 novembre 1942.
Problème immédiat pour le nouveau gouverneur : le ravitaillement de la colonie au bord de la famine. Quelques rotations du Léopard sur Maurice et Madagascar ont un impact psychologique capital : les Réunionnais retrouvent le goût du riz et Capagorry devient « Papa de riz ».
Autre question à régler : la liquidation des séquelles du régime de Vichy. Á partir du 20 avril 1943, une chambre de révision siégeant à Saint-Denis annule presque toutes les condamnations, mises à pied et rétrogradations prononcées entre juin 1940 et le 27 novembre
1942. Vis-à-vis des responsables du régime de Vichy, Capagorry choisit l’apaisement. Ainsi écrit-il au procureur général le 16 avril
1943 : « l’action des personnes qui ont servi les gouvernements Pétain jusqu’à mon arrivée ne s’est jamais exercée ici sciemment en faveur de l’ennemi. Et s’il y eut quelques ardents propagandistes de ce qu’on appelle la « révolution nationale », cette propagande évita toujours soigneusement de recommander la collaboration ou le racisme, pour des raisons tirées des contingences locales. »
A peine une vingtaine de responsables passeront en jugement, soit devant la chambre civique de la Réunion, soit devant le tribunal militaire de Tananarive : la plupart seront relaxés ou légèrement condamnés. Par contre, Jean-jacques Pillet, directeur de cabinet d’Aubert, sera révoqué.
A la fois homme d’action et fin diplomate, Capagorry entreprend de créer un climat de confiance et de paix sociale pour faire face aux difficultés économiques. Grâce aux dispositions qu’il prend, les élections de la période 1944-45 se déroulent dans le calme. Mais la situation se dégrade en 1946 et il aura à gérer l’affaire du meurtre au cours d’une réunion électorale à Saint-Denis le 25 mars 1946, d’Alexis de Villeneuve, candidat aux législatives du 2 juin.

1946, Lors de la session extraordinaire de l'assemblée en 1946 on évoque le remplacement du chemin de fer par la route, notamment sur le tronçon Saint-Denis, La Possession. Le premier projet présenté par le gouverneur Capagorry évoque la possibilité d’élargir le tunnel ferroviaire à huit mètres. Cette solution plus économique, présente pourtant un inconvénient : il ne faut pas que letrafic du chemin de fer soit interrompu pendant les travaux. Deux autres possibilités sont envisagés : la construction d’une déviation en corniche surplombant le Cap Bernard, ou la rectification et l’élargissement du tracé de la route de la Montagne. Le Conseil général, cependant, émet quelques réserves sur la nouvelle chaussée, bien qu’il soit pour le principe d’une modernisation du réseau routier : une corniche ne serait-elle pas préférable à un élargissement du tunnel ? Cette question restera en plan pendant des années.
Bien que les colonies de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion et de la Martinique aient été érigées en départements par la loi du 19 mars 1946, Capagorry, le dernier gouverneur de la Réunion, devra attendre le 15 août 1947 pour passer le relais au premier préfet de la Réunion, Paul Demange.
Après la guerre, le gouverneur Capagorry est nommé inspecteur général des affaires administratives de Madagascar. Lors des événements de Madagascar du 13 mai 1972, il se replie sur l’île de la Réunion.
Dans ses dernières volontés, le gouverneur Capagorry a émis le désir de se faire enterrer dans cette île à laquelle il était profondément attaché. C’est ainsi qu’il fut inhumé au milieu de ses camarades morts pour la France, dans le cimetière des Volontaires au bord de l’océan Indien. Lieu même où il débarqua 39 ans auparavant.


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